Une chambre éco-conçue au CHU de Lille

Le CHU de Lille met au point une chambre éco-conçue dans la perspective, parmi d’autres, de la rénovation de sa maternité. Les plans sont prêts. Le concept doit maintenant être optimisé lors d’une analyse globale de ses composants en termes de cycles de vie. Une première.

© CHU Lille

17 m2 pas plus : 14 pour la chambre, 3 pour les sanitaires. Dans ce cadre qui, en outre, exclut de toucher au bâti et aux infrastructures comme le système de chauffage, de nombreuses équipes planchent depuis deux ans autour de Christophe Lestrez, ingénieur et coordinateur des risques techniques et du développement durable au CHU de Lille, sur le concept d’une nouvelle chambre éco-conçue.

Place aux accompagnants

« L’objectif est d’éviter toute forme de gaspillage, y compris humain », résume rapidement Christophe Lestrez. Dans les faits, il s’agit de définir une chambre-type répondant aux critères de « durabilité » par l’emploi de matières le plus naturelles, le moins polluantes, les plus solides possible, par des conditions d’exploitation optimales mais aussi de progresser dans le service au patient. « Nos patients et nos usagers accordent beaucoup d’importance au confort hôtelier et à l’environnement », plaide le CHU.

Il a déjà présenté sa chambre modèle à Santexpo, l’an dernier. C’était la 5ème version. Elle s’est encore améliorée depuis. Un lit escamotable, en plus du lit médicalisé du patient, va remplacer la banquette convertible pour moins entraver la circulation des soignants. Car l’une des grandes nouveautés du concept est de faire une place aux accompagnants. Une gageure dans un si petit espace.

Confort d’usage

© CHU Lille

Une grande attention est portée au confort d’usage de l’endroit. Comme ce « porte dodo » à hauteur du lit qui permet à la maman, même allongée, d’avoir un accès facile à son bébé. Les sanitaires, également salle de bain, sont fournies en produits cosmétiques, toujours à l’intention des mamans.

Une veilleuse, un chemin lumineux peuvent remplacer le plafonnier la nuit pour aider au déplacement des patients et des soignants la nuit. Le confort visuel fait partie de l’atmosphère des lieux qui se veut sereine. Par la douceur des teintes et des matériaux. Grâce au percement d’une fenêtre, la salle de bain est baignée d’une part de la lumière naturelle de la chambre.

Le confort d’usage vaut pour les soignants. Amélioré par le recours à des matériaux naturels, il l’est aussi par l’absence, pour les nettoyer, de produits agressifs de manière à préserver la qualité de l’air et l’état des mains de ceux qui font le ménage. Les joints d’étanchéité de la salle de bain, pourraient disparaitre, un revêtement de sol remontant sur les murs. Ce produit nouveau est fabriqué par une entreprise mobilisée par le biais du pôle de compétitivité local axé la santé, la nutrition et le « bien vieillir ».

Arbitrage entre les composants

© CHU Lille

La dimension économique du concept va, un moment, imposer sa loi. « Si nous avons le choix des matériaux, nous devons rester réalistes quant à leur prix », tempère Alizée Joseph-Rose, experte en gérontologie et chargée du projet auprès du pôle de compétitivité. Les économies viendront a minima d’un « relamping » à base de LED mais l’équation globale va prendre en compte davantage de long terme.

Les arbitrages, notamment sur les matériaux vont dépendre d’une analyse globale en cycle de vie pour laquelle le CHU cherche encore des financements. « Si nous pouvons aller jusqu’au bout, nous comparerons les cycles de vie d’une chambre non-réhabilitée, avec une deuxième restaurée de façon classique et celle correspondant à notre concept. La démarche est innovante car il est rare d’analyser en cycle de vie un « produit » et même un service aussi complexe qu’une chambre », explique Alizée Joseph-Rose.

Définition complète en 2025

Le CHU fera appel à un cabinet spécialisé. Au-delà du choix des matériaux et des autres composants de la chambre, il espère identifier les grands déterminants d’une chambre d’hôpital optimale et éco-conçue. Doit-on y privilégier l’empreinte carbone ? La tenue dans le temps ? La consommation énergétique ? Le CHU espère avancerait dans la définition théorique d’une chambre d’hôpital éco-conçue.

L’objectif est d’aboutir à une définition complète en 2025. Le concept pourrait être retenu en totalité ou pas pour la reconstruction de l’hôpital Jeanne de Flandre, la maternité du CHU qui doit être réhabilitée et étendue, à partir de 2027 pour réunir toutes ses activités en lien avec la pédiatrie. Mais le nouveau concept a été aussi pensé pour d’autres patients en commençant par les personnes âgées.

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