Nouvel hôpital métropolitain de l’Artois : le plus vertueux possible

Destiné à devenir un équipement de santé de référence pour le territoire du Nord-Pas de Calais, le nouvel hôpital métropolitain de l’Artois ambitionne aussi de se faire le plus durable possible. Au programme : architecture bioclimatique, station de phytoépuration, évapoconcentration, géothermie et thermofrigopompes, panneaux photovoltaïques…

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Ambitieux… Le qualificatif est de tous les documents et clairement, si un programme ne manque pas de visées, c’est bien celui du nouvel Hôpital Métropolitain de l’Artois (476 M€ toutes dépenses confondues) dont l’ouverture est prévue à Lens au printemps 2027. En effet, outre une aspiration « 100 % numérique », le futur établissement pivot du GHT de l’Artois « essaie de proposer la réponse la plus globale et vertueuse possible au développement durable, à l’économie circulaire et à la transition énergétique », décrit Séverine Rousset, en charge du management des énergies et de l’exploitation thermique au GHT.

Moins de 110 kWh/m2/an en énergie finale

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L’engagement s’affiche dès le geste architectural du cabinet Michel Beauvais Associés, une architecture bioclimatique livrant un bâtiment compact malgré ses 611 lits, dont l’isolation thermique comme la perméabilité à l’air sont maîtrisées. Pour un accès optimal à la lumière naturelle, de nombreux patios en agrémentent le tracé, tandis que la taille et qualité des vitrages ainsi que les protections solaires ont été optimisées par des études d’ensoleillement.

« Objectif : des coefficients Bbio (impact climatique) et Cep (consommation énergétique) de 20 % inférieurs à la réglementation thermique, ce qui, compte tenu des simulations réalisées, correspond à environ 110 kWh/m2/an », résume la professionnelle nordiste. La performance des façades et le confort acoustique ont également fait l’objet d’attentions particulières tandis qu’un travail important réalisé sur la recyclabilité des isolants n’a finalement pas débouché, faute d’avis technique sur l’emploi de ces derniers.

Une gestion des eaux fonction des projections

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La gestion des eaux évacue tout autant les faux-fuyants avec un objectif sans appel de zéro rejet dans le réseau collectif. « Au vu des événements climatiques attendus, des noues (fossés) plantées ont par conséquent été conçues pour infiltrer les eaux pluviales et envoyer l’excédent vers un bassin capable de « digérer » une pluie centennale », explique l’ingénieure hospitalière. En amont d’une réglementation sur les résidus médicamenteux, une station de phytoépuration réoxygénée complétée d’une zone de rejet végétalisée (1 ha) gérera par ailleurs – au plus près de leur production – les micro-polluants des eaux usées.

Quant aux effluents des laboratoires, ils seront traités spécifiquement par évapoconcentration, puis acheminement vers les filières de traitement spécifiques. « Certes, l’investissement est élevé, de l’ordre de 800 000 € », consent Séverine Rousset, « mais au regard des charges actuelles imputées par la collectivité territoriale, cet équipement d’une capacité de 1000 équivalent-habitant sera amorti sur une dizaine d’années » assure-t-elle.

Le chaud et le froid en même temps

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Bien évidemment enfin, l’énergie s’impose au centre de la dynamique durable lensoise. Et si certaines solutions sont classiques – une chaufferie au gaz chargée notamment de la production d’eau chaude sanitaire et quelques groupes froid de secours prévus toutefois pour supporter des pointes extérieures à 38 ° – d’autres jouent pleinement la convergence entre sobriété énergétique et respect environnemental.

Ainsi, l’énergie sera principalement produite par des thermofrigopompes associées à la géothermie « idéales pour répondre aux besoins simultanés de chauffage et de réfrigération d’un hôpital », souligne Séverine Rousset. Elle explique : « la géothermie permet d’évacuer dans la nappe les calories ou frigories produites et non valorisées (trop de chaleur l’été, trop de froid en hiver). La boucle basse température permet la valorisation de chaleur fatale et couvrira plus de 40 % des besoins ».

La neutralité énergétique à l’horizon 2050

Ainsi, 82 % des besoins en énergie (chaud et froid) seront couverts par des sources renouvelables, avec une production estimée à 5,2 GWh pour le froid et 8 GWh pour les besoins en chaud, économie à laquelle contribuera également – hôpital numérique oblige – « un travail très fin de programmation horaire des équipements pour un fonctionnement raisonné, bloc compris (ventilation sur seuil bas ISO 7/ISO 8…) », ajoute la professionnelle. Enfin, 4 500 m2 de panneaux photovoltaïques sont, à terme, prévus pour une production annuelle de 1100MWh. De quoi, au final, satisfaire l’ambition d’une neutralité énergétique à horizon 2050.

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