Le CH de la Côte Basque explore des endoscopes plus responsables

Engagé dans une politique globale de transformation écologique, le centre hospitalier de la Côte Basque expérimente aujourd’hui des endoscopes à usage unique plus respectueux de l’environnement. Un vrai changement d’optique.

© CH Côte Basque

Au GHT Navarre Côte Basque, l’environnement n’est pas une préoccupation nouvelle et, depuis plusieurs années déjà, le Groupement le prouve avec un souci continu de ses achats comme de ses déchets au service desquels sont déployées une trentaine de filières.

C’est d’ailleurs dans cette dynamique qu’en 2017, l’établissement avait fait le choix d’endoscopes à usage unique, après qu’une de ses équipes de réanimation a analysé le coût global d’achat de l’instrument : « au regard des équipements nécessaires, des produits indispensables à cette tâche et du temps humain qu’il fallait y consacrer, la désinfection s’avérait en effet clairement plus impactante », rapporte la directrice de la transformation écologique du GHT, Sandrine Bricaud.

Une dynamique fournisseur-utilisateur

Toutefois, quelle ne fut pas la (mauvaise) surprise de l’établissement quand il se rend compte que le plastique multisourcé utilisé pour la fabrication desdits dispositifs est interdit de recyclage par ses opérateurs habituels. Alors que le GHT vient de lancer son tout nouveau projet collectif de transition écologique, la dynamique partenariale proposée par la Région Nouvelle-Aquitaine, l’ADEME et l’Agence de développement et d’innovation de Nouvelle-Aquitaine (ADI) va donc, en 2023, lui fournir le cadre idéal pour rechercher des solutions plus durables en collaboration avec son fournisseur Ambu.

L’étude porte sur la centaine de fibroscopes utilisée chaque année par le service de réanimation, des produits qui – comme dans les autres services – finissent pour la plupart aux DAOM pour être ensuite enfouis ou incinérées, 0,01 % d’entre eux seulement rejoignant les DASRI. Première étape : « s’assurer que la solution tient bien dans le recyclage car en matière d’impact, rien n’est jamais évident et les résultats souvent contre intuitifs », rappelle en préambule Meryam Boudil, chargée d’affaires en environnement et économie de la santé chez Ambu.

Comparer les ACV

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« L’heure est donc d’abord aux études, accompagnées du cabinet spécialisé APESA avec lequel l’ACV d’un produit enfoui/incinéré sera comparé à celle d’un produit recyclé induisant, de fait, un conditionnement, du transport, de l’énergie, etc. », pose la spécialiste. Et de pointer « certains « recycleurs » qui, par exemple, exigent la décontamination préalable du dispositif juste pour en recycler la partie électrique et électronique alors que celle-ci est majoritairement récupérable sur site, une décontamination à l’évidence donc inepte dans le cas d’un endoscope à usage unique justement choisi pour supprimer cette étape ! », explique-t-elle.

Plus prometteuse en revanche, une voie pourrait bien se dessiner au CH de la Côte basque dont l’équipe de réanimation sépare désormais les déchets d’équipement électrique ou électronique (D3E) du fil de cuivre et du plastique, à l’appui des deux premières filières existantes que viendraient nettement renforcer les 90 000 endoscopes à usage unique annuellement vendus par Ambu.

Le pronostic du bioplastique

« Pour autant, la question du plastique demeure », regrette Sandrine Bricaud. Mais Ambu dispose là encore d’une carte à abattre. Parallèlement à la fin annoncée des endoscopes composés de PVC, l’entreprise annonce en effet, dès cette année, de premiers instruments à poignée en bioplastique issu pour 50 % minimum de sources renouvelables de seconde génération (huiles végétales, sciures de bois). Si l’innovation ne change en rien la pratique (même pas le marquage CE), elle offre un saut qualitatif évident côté production : « 70 % d’empreinte carbone lors de l’extraction des matières premières », indique ainsi Meryam Boudil.

Et même si ces bioplastiques ne sauraient non plus être mélangés aux plastiques classiques, Sandrine Bricaud espère bien aussi des retombées positives côté valorisation, à savoir « une dégradation moins polluante à l’enfouissement et, sans doute, une deuxième vie enfin possible grâce à la société Cosmolys avec laquelle Ambu collabore désormais dans le but de recycler les plastiques de ses endoscopes dans la fabrication d’emballages plastiques spécifiques, boîtes jaunes entre autres… »

Alors qu’Ambu ambitionne de fournir 100 % de ses endoscopes avec bioplastique en 2025, le GHT Navarre pense donc déjà à introduire prochainement la présence de ce matériau aux spécifications techniques de ses marchés. Pour continuer ainsi à optimiser le scope des endoscopes.

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