Éco-soins au CHU de Reims : maternité, achats, même combat

La maternité du CHU de Reims a obtenu au début de l’année le label THQSE avec les honneurs puisqu’elle a décroché l’échelon or. La démarche a amené deux mondes, soignants et acheteurs, à se parler, à mieux se connaître et à comprendre que l’objectif poursuivi était le même, celui de prodiguer de meilleurs soins.

© CHU Reims

Pour de nombreuses maternités, le « rapport des 1000 premiers jours », paru à l’automne 2020, a été un déclencheur, un déclic pour remettre à plat les pratiques et les usages. Et adopter une démarche plus durable au bénéfice des nourrissons, des parents et des professionnels. La maternité du CHU de Nice a ainsi tout repensé : réduction et recyclage des déchets, remplacement de produits par d’autres plus écologiques, nettoyage sans chimie, écoconception des soins (lire notre article du 29 septembre 2023). D’autres se sont lancées dans la labellisation THQSE, à l’image de celle du CHU de Clermont-Ferrand (lire notre article du 9 janvier 2024)

THQSE échelon or

© CHU Reims

La maternité du CHU de Reims (niveau 3, 2300 naissances par an) a emprunté la même voie vertueuse, comme le confirme Sonia Chatelain, sage-femme coordinatrice : « Ce rapport nous a fait prendre conscience de l’importance de limiter l’exposition de la femme enceinte aux produits chimiques, durant toute sa grossesse, et l’enfant jusqu’à ses deux ans. » Après dix-huit mois d’efforts, la maternité a décroché le label THQSE échelon or, début 2024. « Nous avons obtenu le score de 96 % et nous en sommes très fiers », poursuit Sonia Chatelain.

A l’instar de ses homologues, la structure a phosphoré tous azimuts. Le recours aux antiseptiques est limité au strict minimum et l’utilisation d’un savon bio privilégié. Le bionettoyage s’effectue avec des produits d’entretien écolabellisés. « Pour les sols, le nettoyage à l’eau avec des microfibres est en bonne voie », confie la sage-femme coordinatrice.

Changement de couches

Changement de gamme pour les couches dotées d’une protection sans perturbateurs, munie d’un voile de contact en canne à sucre et amidon de maïs sans OGM. Aux oubliettes la traditionnelle mallette d’échantillons. « Les produits n’étaient pas en adéquation avec les messages qu’on passait. » Elle sera  remplacée avant l’été par une boîte au contenu bio et écoresponsable.

La maternité a évidemment réfléchi au volume et au sort des déchets qu’elle produit. Bien que les petits biberons restent pour l’instant en plastique, l’usage unique n’est plus très tendance. « Nous utilisons des instruments jetables en salle des naissances qui sont recyclés. Mais l’idée, à terme, est de les supprimer et de revenir à des instruments stérilisables. Cela prendra du temps car une étude médico-économique doit être menée et il faudra étudier, avec l’unité de stérilisation, l’augmentation d’activité », explique la coordinatrice.

Un nouveau relationnel qui change tout

Sonia Chatelain et Elodie Hemard

Autre bénéfice palpable, la labellisation a resserré les liens entre la maternité et le service achats, avec lequel la démarche a été menée la main dans la main. « Cela a complètement changé nos relations », confirme Elodie Hémard, responsable des achats du CHU. « Auparavant, je les sollicitais en cas de problème, de rupture de stock. Le projet nous a permis de faire connaissance, de comprendre le rôle et les contraintes de chacun, et de constater que notre objectif était identique », témoigne Sonia Chatelain.

« Notre rôle, c’est d’apporter le matériel pour que les soignants travaillent dans de bonnes conditions. Et lorsque les achats sont intégrés dans le projet, cela donne encore plus de sens à notre métier », renchérit Elodie Hemard.

La communication est aujourd’hui beaucoup plus facile entre les deux univers. « Nous pouvons pratiquement tout nous dire. Je sais à qui parler et il y a une plus grande écoute des achats : mon avis sera entendu, c’est essentiel », pointe du doigt la sage-femme coordinatrice, prête à participer à des plans de progrès de futurs marchés, au moins pour des équipements névralgiques dans son secteur d’activité.

Poursuite de la démarche à l’ensemble de la pédiatrie

Même s’il n’est pas possible de toujours contenter. « La question, c’est de faire le lien entre le besoin en interne et l’offre en externe. Il faut parfois à faire des compromis pour un résultat qui convienne à tous », admet bien volontiers Elodie Hemard.

En tout cas, l’obtention du label THQSE n’a pas coupé le cordon. D’autant que la démarche est étendue à l’ensemble du pôle pédiatrie. « Maintenant, je viens au moins une fois par semaine à la maternité », assure la responsable des achats qui tire les enseignements de cette collaboration fructueuse.

« Cela donne des pistes pour nous remettre en question, afin de nous améliorer. J’ai mis en place un groupe de travail avec mon équipe sur la promotion de la fonction achat au sein de l’établissement. Il faut qu’on communique mieux pour montrer que nous avons envie d’avancer avec les soignants. »

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